⬅ Back

By: Sandor Ferenczi

Type: essay

Note: génial

Finished at: 2023â‹…06â‹…24


L’enfant englobe l’environnement pour constituer le cœur de l’adulte.

Ça m’évoque un arbre où chaque cerne correspondrait à un stade de développement. le bébé est au centre, toujours là, c’est lui qui donnera sa forme à l’adulte. L’environnement est intégré/ingéré dans la cerne suivante et s’intègre en son cœur.
Si à un moment, le jeune tronc s’abîme, l’arbre poussera tout déformé, d’autant plus que le trauma est proche du centre/naissance.

----------------------
Extraits sur la pratique:
On peut, à juste titre, affirmer que le méthode que j’emploie avec mes analysants consiste à les « gâter ». Sacrifiant toute considération quant à son propre confort, on cède autant que possible aux désirs et impulsions affectives. On prolonge la séance d’analyse le temps nécessaire pour pouvoir aplanir les émotions suscitées par le matériel ; on ne lâche pas le patient avant d’avoir résolu, dans le sens d’une concialiation, les conflits inévitables de la situation analytique, en clarifiant les malentendus, en remontant au vécu infantile. On procède donc un peu à la manière d’une mère tendre, qui n’ira pas se coucher le soir avant d’avoir discuté à fond, avec son enfant, et réglé, dans un sens d’apaisement, tous les soucis grands et petits, peurs, intentions hostiles et problèmes de conscience restés en suspens. Par ce moyen, nous arrivons à laisser le patient plonger dans tous les stades précoces d’objet passif, où, dans des phrases murmurées, tout à fait comme un enfant sur le point de s’endormir, il nous permet d’entrevoir son univers onirique.
[…]
Mais cette relation tendre ne peut pas durer éternellement, même dans l’analyse. L’appétit vient en mangeant. Le patient devenu enfant se montre de plus en plus exigeant, retarde de plus en plus l’apparition de la situation de réconciliation, pour éviter de se retrouver seul, pour échapper au sentiment de ne pas être aimé ; ou bien il cherche par des menaces, de plus en plus dangereuses, à provoquer une action punitive de notre part. Naturellement, plus la situation de transfert était intense et féconde, pus l’effet traumatique du moment où l’on se voit, finalement, obligé de mettre un terme à ces débordement, sera grand.
Le patient s’engage alors dans une situation de frustration que nous connaissons si bien, qui reproduit tout d’abord, à partir du passé, la rage impuissante et la paralysie qui s’ensuit, et il faut beaucoup d’efforts, et de compréhension plein de tact, pour amener la réconciliation dans ces conditions, contrairement, à l’aliénation qui persistait dans l’enfance.
[…]
Ce qui se déroule là, devant nos yeux, c’est la reproduction de l’agonie psychique et physique qui entraîne une douleur incompréhernsible et insupportable.
[…]
Des paroles apaisantes et pleines de tact, éventuellement renforcées par une pression encourageante de la main, réduisent la réaction à un niveau où le patient redevient accessible.

Je m’attends ici à l’objection suivante: Faut-il vraiment dorloter d’abord le patient, et le bercer dans l’illusion d’une sécurité illimitée, pour lui faire vivre ensuite un traumatique d’autant plus douloureux ? J’invoquerai à ma décharge que je n’ai pas provoqué intentionnellement ce processus, il s’est développé par duite de ma tentative de renforcer la liberté d’association.

[...]

Mais je crois que le résultat cathartique de cette plongée dans la névrose et l’enfance à finalement un effet revigorant ; si elle est menée jusqu’au bout, elle ne peut nuire en aucun cas. [ndc avortée avant, le premier traumatisme sera vécu doublement et intensément, sans être entendu ni résolu.]